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Chaque année, autour de la mi-janvier, une sensation familière apparaît, les élans du début d’année s’essoufflent, les intentions formulées quelques jours plus tôt commencent à patiner; ce n’est pas brutal, plutôt diffus. Quelque chose se relâche, presque à notre insu.

Ce phénomène n’a rien de personnel, ni d’anecdotique. Les recherches sur les résolutions du nouvel An montrent qu’un pic d’abandon se situe systématiquement entre la deuxième et la troisième semaine de janvier, souvent autour du 17–19 janvier.
Certaines analyses parlent même d’un « quitter’s day »,  ou “jour de démission”,  celui ou 80% des gens ont abandonné leurs résolution du nouvel an, non parce que les intentions étaient mauvaises, ou que l’on ait changé d’avis mais parce que le réel reprend sa place.

Ce n’est pas un manque de volonté

Nous avons tendance à interpréter ce moment comme un échec personnel, comme un défaut de constance, de discipline ou de courage.

Pourtant, les sciences comportementales racontent une tout autre histoire.

Notre cerveau est naturellement orienté vers le présent immédiat, ainsi, il privilégie les bénéfices proches, le confort, le repos, la continuité et sous-évalue les bénéfices lointains, même lorsqu’ils sont importants.
Comme notre corps physique, notre cerveau a ses propres limites et ce biais n’est pas un défaut moral : c’est un mécanisme de protection et d’économie d’énergie.

Lorsque la vie quotidienne est déjà dense, chargée, parfois fatigante, toute nouvelle intention, même désirée, même juste, peut être vécue comme un effort supplémentaire. L’enthousiasme des premiers jours se heurte alors aux contraintes ordinaires : le temps qui manque, la charge mentale, les automatismes bien installés.

L’écart entre ce que l’on veut et ce que l’on fait

Les chercheurs en sciences sociales, plus précisément en sciences comportementales, parlent d’un écart intention / action.
Nous pouvons vouloir sincèrement changer, mieux consommer, ralentir, prendre soin de notre environnement, de notre habitat, de notre santé, mais sans parvenir à transformer cette intention en gestes durables.

Cet écart s’élargit particulièrement lorsque :

  • les objectifs sont trop vastes ou trop flous,
  • le contexte ne soutient pas l’action,
  • la fatigue est déjà présente,
  • et que l’on se juge sévèrement dès les premiers écarts.

Dans ces conditions, l’évitement devient une stratégie de protection, soit remettre à plus tard, détourner son attention, laisser tomber provisoirement permet de soulager la tension à court terme. Et tout ceci n’est ni de la paresse, ni de l’indifférence : c’est une réponse humaine à la surcharge.

Le 18 janvier comme miroir

Le 18 janvier n’est donc pas une date d’échec, c’est un miroir.

Il révèle l’écart entre ce que nous souhaitons profondément et ce que nos conditions de vie nous permettent réellement de transformer. Il montre que le désir de changement existe, mais qu’il ne suffit pas, à lui seul, à produire de l’action.

Reconnaître cela change profondément le regard que l’on porte sur soi, cela permet de sortir de la culpabilité pour entrer dans la compréhension.

La comprehension est un levier d’action

Comprendre pourquoi l’action bloque n’est pas une manière de renoncer, mais plutôt le premier pas pour la rendre possible.

Dans les prochains textes, nous explorerons ces mécanismes plus en détail, non pour expliquer l’inaction, mais pour voir comment agir peut redevenir accessible, progressivement, sans se forcer, et sans se perdre en route.

Le 18 janvier ne signe pas la fin des intentions, Il marque peut-être le moment où il devient nécessaire de changer de regard sur ce que signifie vraiment agir.

Alors … on ne lâche rien !