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l’engagement commence là où l’on est

L’engagement environnemental est souvent présenté comme une évidence morale ou une urgence absolue, avec, en filigrane, l’idée qu’il faudrait “faire plus”, “faire mieux”, “faire autrement” , et vite.

Pourtant si de nombreux indicateurs rendent ces mots terriblement juste, cette manière de poser le sujet peut décourager et engendrer l’inaction. Elle donne aussi parfois l’impression que l’engagement serait réservé à celles et ceux qui peuvent tout changer : changer de métier, changer de modèle économique, changer de vie.

Et pourtant, l’expérience montre autre chose.

Pour beaucoup de personnes, l’engagement ne commence pas par un grand geste, il commence par un déplacement intérieur, une prise de conscience tranquille, le sentiment que certaines manières de faire ne sont plus tout à fait justes.

Ce déplacement peut surgir à différents moments de la vie, lorsqu’on sort progressivement du rythme de la vie active, lorsqu’on a davantage de temps pour regarder ce que l’on fait vraiment, ou simplement lorsqu’on ressent une fatigue face à des logiques d’accumulation, de vitesse ou de surenchère.

À ce stade, il ne s’agit pas encore de solutions, il s’agit plutôt de questions nouvelles :

– De quoi ai-je réellement besoin pour faire mon travail correctement ?
– Qu’est-ce que je produis, et à quel prix – pour moi, pour les autres, pour l’environnement ?
– Qu’est-ce que je choisis de maintenir, et qu’est-ce que je peux laisser de côté ?

Ces questions ne mènent pas toujours à des ruptures spectaculaires mais conduisent souvent à des ajustements progressifs.

  • refuser certains projets.
  • ralentir volontairement.
  • limiter la croissance.
  • réduire l’empreinte de son activité.
  • faire moins, mais mieux.

Ces choix peuvent sembler modestes mais sont pourtant profondément structurants, ils traduisent un changement de regard, ainsi, l’engagement devient une manière d’habiter ses responsabilités.

Qu’on soit indépendant, salarié, dirigeant, artisan, retraité actif ou bénévole, la question est souvent la même :
comment rester cohérent avec ce que l’on sait, sans se renier ni se mettre en rupture ?

C’est à cet endroit précis que l’engagement pour l’environnement devient possible, non comme une injonction extérieure,
mais comme une continuité logique entre ce que l’on pense, ce que l’on fait et ce que l’on accepte de transformer.

La suite de cette série donnera la parole à des trajectoires différentes, des femmes et des hommes qui ont choisi d’agir autrement, chacun à leur manière. Non pour être exemplaires, mais pour rester fidèles à ce qui leur semble maintenant juste.